Virginie, un concept, un parcours, une création d'entreprise liée intimement à un projet de vie. Une farienne à découvrir !
Virginie, raconte nous ton parcours qui est étonnant à plus d'un titre...
Oui, c'est une réflexion que j'entends souvent et pourtant les choses se sont mises en place plutôt naturellement, même si ce n'est pas très commun. Je suis médecin de formation avec une orientation pédiatrique. J'ai poursuivi cette formation par une licence en sciences de l'éducation.
Après une expérience purement médicale dans le domaine pédiatrique et plus particulièrement dans celui du polyhandicap, j'ai embrayé sur la gestion d'une asbl qui s'occupe de l'accompagnement de personnes atteintes de trisomie 21. A côté de ça, j'entretiens une passion du jouet, un désir de défendre certaines valeurs et de vivre une vie professionnelle qui me ressemble. Entre enfance, handicap et jouets, Ludiloo est donc devenu comme une évidence pour moi !
Ludiloo, c'est quoi ?
Je propose de la vente en ligne de jouets, mais pas n'importe lesquels. J'ai un souci aigu de la sélection que j'y propose. J'ai établi pour ça certains critères afin d'avoir une gamme cohérente avec les valeurs que je défends. Globalement, je suis très attentive à la qualité du jouet, que ce soit dans son matériau que dans son processus de jeu. Pour être de qualité, un jouet doit selon moi être solide, non toxique et autant que possible être en adéquation avec le développement durable. Au niveau de son processus, le jeu devra être d'abord ludique, mais permettre à travers cet aspect de développer des aptitudes chez l'enfant. J'ai l'habitude de parler des jouets de Ludiloo comme étant "respectueux des enfants".
Je réfléchis aussi actuellement à la mise en place d'adaptation du jouet à l'enfant. J'ai d'ailleurs obtenu une bourse de pré-activité dans ce cadre-là. L'idée serait de modifier le jeu pour le rendre accessible en facilitant par exemple la préhension de certaines pièces, la simplification d'un plateau de jeu ou la possibilité de fixer le jeu sur une tablette de chaise roulante. La gamme de jeu est donc la même pour tous les enfants, mais c'est l'approche et le conseil qui diffèrent.
Et la vie d'indépendante combinée avec une vie familiale très importante pour toi, ça se passe comment ?
Ce n'est pas évident tous les jours, mais c'est surtout une question d'organisation. Je suis médecin scolaire et à la consultation des nourrissons de l'ONE, le reste du temps se partage entre Ludiloo et mes deux filles de 5 et 3 ans. Je vis finalement en fonction de leur horaire à elles et travaille quand elles sont à l'école, puis je m'y remets en soirée quand elles sont couchées. La gestion d'un site internet de commerce en ligne est un travail sans fin, il y a mille choses à faire pour faire vivre son site, l'animer et le diffuser. C'est un travail de fourmi, mais qui a quelque chose de passionnant par son aspect perpétuellement mouvant. C'est plein de défis et j'adore ça.
F.a.r représente quoi pour toi?
J'ai connu le réseau f.a.r suite à ma participation au GPWE en 2010 où j'ai eu le plaisir d'être lauréate "Coup de Coeur". Il y a eu une très belle émulation autour de ce concours. J'y ai fait la connaissance d'autres entrepreneures féminines. J'y ai vraiment goûté aux plaisirs d'échanger sur nos pratiques, chercher des convergences, des solidarités. En rester là m'aurait laissé un goût de "trop peu". En participant au réseau f.a.r, je prolonge en quelque sorte cette émulation et la renforce. Plus qu'un plaisir, je suis convaincue qu'être en réseau est une attitude indispensable pour les entrepreneures que nous sommes.